Alain Supiot - Etat et Entreprises, généalogie de leurs relations : Etat, Entreprise et démocratie

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  • Sujet : Conférence
  • Date de parution : 08/02/2017
  • Durée : 31 min
  • Crédits : Institut d\'Etudes Avancées de Nantes

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Résumé de la vidéo

Ce colloque abordera d’un point de vue anthropologique, les métamorphoses des relations Etat/Entreprise : point de vue anthropologique signifie ici une approche "philosophico-historique", privilégiant le long terme et se différenciant sans l’exclure, d’une approche centrée sur les aspects économico-politiques. L’Etat et de l’Entreprise sont considérés comme des institutions - ou des organisations, leur définition faisant partie de la problématique – dans leur dimension institutionnelle, culturelle et politique. Les deux notions Etat/Entreprise ne sont pas de même niveau. Il y a une unité de l’Etat exerçant une seule autorité sur un territoire, alors qu’il existe une grande diversité des entreprises, y compris publiques. L’entreprise est-elle une institution ? Qu’est-ce qui définit l’entreprise ? Est-ce la liberté d’entreprendre ? Et l’Etat se définit-il, lui, par "l’intérêt général" ? Jusqu’où va l’intérêt général ?

Etat et Entreprise sont producteurs de cultures, de signes, de rites, de symboles, de savoirs et de représentations sociales, telles les séparations "privé/public" ou "intérêt général/intérêt particulier". L’Etat a des missions étendues et incarne l’intérêt général, le service public, la nation ou la justice, et l’Entreprise l’efficacité, le profit et la production. Toutefois le secteur public ne se limite pas à l’Etat central : les collectivités publiques sont multiformes sur les territoires. En France, l’Etat semble sacralisé, même s’il tend à s’affaiblir, et la grande Entreprise est plutôt l’objet de critiques ou de passions contrastées (amour/haine), alors qu’elle tend à se renforcer à l’échelle mondiale.

Ces institutions ou organisations sont fondées en légitimité et contribuent à « penser » la société, voire à livrer une pensée clefs en mains. Elles produisent de "l’hégémonie" intellectuelle, sociale et politique. Comment se métamorphosent les relations de l’Etat et de l’Entreprise à l’heure de la mondialisation et de la technologisation généralisée et accélérée des sociétés ?

Présentation des intervenants

Alain Supiot
. Docteur d’Etat en droit (Bordeaux, 1979), agrégé des facultés de droit (1980), Alain Supiot a été successivement professeur à l’Université de Poitiers puis de Nantes, et membre senior de l’Institut Universitaire de France (2001-2008), avant d’être élu en 2012 au Collège de France, où il occupe la Chaire ’Etat social et mondialisation : analyse juridique des solidarités’. Docteur h.c. de l’Université de Louvain, Alain Supiot a été élu en 2015 membre correspondant de la British Academy.

Au cours de sa carrière, il a fondé  la Maison des Sciences de l’Homme Ange Guépin (www.msh.univ-nantes.fr), qui promeut une approche transdisciplinaire des transformations du lien social. Il a présidé de 1998 à 2001 le Conseil National du développement des sciences humaines et sociales (voir Pour une politique des sciences de l’Homme et de la société PUF-Quadrige, 2001). Il a fondé et a dirigé entre 2008 et 2013 l’Institut d’Etudes Avancées de Nantes dont il est aujourd’hui Membre Emérite et Président du Comité Stratégique. Sa carrière a été marquée par plusieurs années de recherche à l’étranger (à l’Institute of Industrial Relations de Berkeley en 1981; à l’Institut Universitaire Européen de Florence en 1989/90; au Wissenschaftskolleg zu Berlin en 1997/98).

Ses travaux portent sur le droit du travail et de la sécurité sociale et sur l’analyse des fondements dogmatiques du lien social (dernier livre paru : La gouvernance par les nombres, Fayard, 2015).

Pierre Musso
. Philosophe de formation, Pierre Musso est professeur de sciences de l’information et de la communication à l’Université de Rennes 2 et à l’Ecole Télécom Paris Tech. Il est titulaire de la chaire ‘Modélisations des imaginaires, innovation et création’ qu’il a créée entre ces deux institutions académiques et quatre partenaires industriels mondiaux, Dassault Systèmes, PSA Peugeot-Citroën, Orange et Ubisoft. Il est membre du Centre Interdisciplinaire d’Analyse des Processus Humains et Sociaux de l’Université Rennes 2 et membre associé du Laboratoire UMR CNRS 5611“Littérature, Idéologies, Représentations, XVIIIe-XIXe siècles” à Lyon. Avant d’entrer à l’Université, il a participé ou dirigé des services d’études, de recherches et de prospective dans le secteur des télécommunications notamment au Centre National d’Etudes des Télécommunications (CNET), à l’Institut National de l’audiovisuel (INA) et à la Division de l’aménagement du territoire (DATAR). Il a été membre du premier Conseil d’administration de France Télécom. Il a longtemps enseigné au département de sciences politiques de l’Université Paris Sorbonne où il a soutenu sa thèse d’Etat sur le « fonctionnement symbolique des télécommunications et la philosophie saint-simonienne ». Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur la communication, les territoires, le saint-simonisme, les réseaux et les médias. Il a co-dirigé l’édition critique des Œuvres complètes d’Henri Saint-Simon parue en 2013 aux PUF, dans la collection "Quadrige".

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L’Institut d’Etudes Avancées de Nantes
est une fondation reconnue d’utilité publique dont la mission est d’accueillir en résidence des chercheurs choisis pour l’excellence et le caractère innovant de leurs travaux. L’ambition particulière de l’IEA de Nantes est de tisser des relations d’un type nouveau entre chercheurs du "nord" et du "sud", en s’ouvrant largement à ces derniers et en permettant à chacun de confronter la façon dont il perçoit les questions qui, avec le processus de globalisation, se posent désormais à tous.



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