Bernard Thibaut et Alain Supiot - Il n'y a pas de paix durable sans justice sociale

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  • Sujet : Conférence
  • Date de parution : 31/10/2016
  • Durée : 1 h 15 min
  • Crédits : Institut d'Etudes Avancées de Nantes

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Résumé de la vidéo

L'une des leçons tirées de la Première Guerre mondiale et répétée au lendemain de la Seconde, est "qu'une paix universelle et durable ne peut être fondée que sur la base de la justice sociale". Pendant plusieurs décennies le "progrès social" s'est illustré par une avancée des droits, des libertés et des conditions matérielles pour les travailleurs. Ce n’est plus le cas aujourd’hui et les promesses d'une mondialisation heureuse sont démenties par les réalités de la globalisation, avec l'augmentation vertigineuse des inégalités, l'extension du chômage et de la précarité au travail, la perte de contrôle démocratique sur les politiques économiques et la résurgence des fureurs identitaires, avec leur cortège de violence et de guerres. La version néolibérale de la mondialisation a fait de la concurrence un absolu qui s'est étendu à la planète entière, et notamment à l'Europe, où les droits sociaux sont fréquemment présentés comme des "privilèges" d’un autre temps. Les dégâts humains de cette véritable guerre sociale mondiale sont énormes. Pourquoi cette situation ? Quelles en sont les origines, qui en est responsable et comment peut-on en sortir ?

Présentation des intervenants

Bernard Thibault


Secrétaire Général de la CGT depuis 1999, Bernard Thibault partage sa carrière entre son action syndicale et la SCNF. Figure de proue du combat syndical dans les transports en France, il est l'un des interlocuteurs essentiels en France lors des dialogues patronat-salariés. Né le 2 janvier 1959, Bernard Thibault entre à la SNCF en 1974 en tant qu'apprenti afin d'obtenir un CAP de mécanique générale. Il est embauché en 1976 à la SNCF au Dépôt de Paris La Villette. Dès l'année suivante, il fait ses premiers pas dans le monde syndical en adhérant à la CGT et devient responsable commission des jeunes du syndicat. Son ascension est ininterrompue depuis. De secrétaire général du syndicat à la Villette en 1980, il est élu secrétaire à l'organisation pour le secteur cheminots CGT Paris Est en 1983. En 1986, son combat syndical se double d'un combat politique avec son adhésion au Parti Communiste, d'où il démissionnera du conseil national en octobre 2001.

Après avoir franchi tous les échelons, il accède au poste très convoité de secrétaire général de la Fédération CGT des Cheminots, sans doute l'une des plus puissantes fédérations de la CGT. Cette nomination est le tremplin qui lui manquait pour accéder au secrétariat général de la CGT. En 1999, il est élu Secrétaire Général de la CGT lors du 46ème congrès de la CGT. Il remplace alors Louis Viannet à la tête de la confédération depuis 1992. En 2001, il abandonne ses fonctions au sein du PCF. L'objectif, déjà affiché par Louis Viannet, est de ne plus associer la CGT au Parti Communiste Français pour afficher une plus grande liberté de ton et de paroles. Réélu à plusieurs reprises, ses positions et ses opinions n'ont parfois pas toutes été comprises par les membres de la CGT. Ainsi il a soutenu le traité constitutionnel européen et malgré ses appels à manifestations lors des grèves contre la réforme des retraites de 2010, certains disent de lui qu'il est trop proche du gouvernement.

Alain Supiot


Docteur d’Etat en droit (Bordeaux, 1979), agrégé des facultés de droit (1980), Alain SUPIOT a été successivement professeur à l’Université de Poitiers puis de Nantes, et membre senior de l’Institut Universitaire de France (2001-2008),avant d’être élu en 2012 au Collège de France, où il occupe la Chaire ’Etat social et mondialisation : analyse juridique des solidarités’. Docteur h.c. de l’Université de Louvain, Alain Supiot a été élu en 2015 membre correspondant de la British Academy. Au cours de sa carrière, il a fondé la Maison des Sciences de l’Homme Ange Guépin (www.msh.univ-nantes.fr), qui promeut une approche transdisciplinaire des transformations du lien social. Il a présidé de 1998 à 2001 le Conseil National du développement des sciences humaines et sociales (voir Pour une politique des sciences de l’Homme et de la société PUF-Quadrige, 2001). Il a fondé et a dirigé entre 2008 et 2013 l’Institut d’Etudes Avancées de Nantes dont il est aujourd’hui Membre Emérite et Président du Comité Stratégique. Sa carrière a été marquée par plusieurs années de recherche à l’étranger (à l’Institute of Industrial Relations de Berkeley en 1981; à l’Institut Universitaire Européen de Florence en 1989/90; au Wissenschaftskolleg zu Berlin en 1997/98).

Ses travaux portent sur le droit du travail et de la sécurité sociale et sur l’analyse des fondements dogmatiques du lien social (dernier livre paru : La gouvernance par les nombres, Fayard, 2015).

Pierre Musso


Pierre MUSSO, philosophe de formation, est Professeur de sciences de l’information et de la communication à l’Université de Rennes 2 et à l’Ecole Télécom Paris Tech. Il est titulaire de la chaire ‘Modélisations des imaginaires, innovation et création’ qu’il a créée entre ces deux institutions académiques et quatre partenaires industriels mondiaux, Dassault Systèmes, PSA Peugeot-Citroën, Orange et Ubisoft. Il est membre du Centre Interdisciplinaire d’Analyse des Processus Humains et Sociaux de l’Université Rennes 2 et membre associé du Laboratoire UMR CNRS 5611“Littérature, Idéologies, Représentations, XVIIIe-XIXe siècles” à Lyon. Avant d’entrer à l’Université, il a participé ou dirigé des services d’études, de recherches et de prospective dans le secteur des télécommunications notamment au Centre National d’Etudes des Télécommunications (CNET), à l’Institut National de l’audiovisuel (INA) et à la Division de l’aménagement du territoire (DATAR). Il a été membre du premier Conseil d’administration de France Télécom. Il a longtemps enseigné au département de sciences politiques de l’Université Paris Sorbonne où il a soutenu sa thèse d’Etat sur le « fonctionnement symbolique des télécommunications et la philosophie saint-simonienne ». Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur la communication, les territoires, le saint-simonisme, les réseaux et les médias. Il a co-dirigé l’édition critique des Œuvres complètes d’Henri Saint-Simon parue en 2013 aux PUF, dans la collection "Quadrige".

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L’Institut d’Etudes Avancées de Nantes
est une fondation reconnue d’utilité publique dont la mission est d’accueillir en résidence des chercheurs choisis pour l’excellence et le caractère innovant de leurs travaux. L’ambition particulière de l’IEA de Nantes est de tisser des relations d’un type nouveau entre chercheurs du "nord" et du "sud", en s’ouvrant largement à ces derniers et en permettant à chacun de confronter la façon dont il perçoit les questions qui, avec le processus de globalisation, se posent désormais à tous.



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