Hamadi Redissi - La liberté d’expression en islam

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  • Sujet : Conférence
  • Date de parution : 12/01/2016
  • Durée : 1 h 3 min
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Résumé de la vidéo

Le problème de la liberté est universel. Il se pose à toutes les sociétés à la fois de manière identique et différente. Qu'est-ce qui est en droit d'être exprimé et que faut-il dissimuler ? Qui peut s'exprimer et qui est frappé d'interdiction ? Si l'âge classique a eu aussi ses "penseurs libres", c'est au XIXe siècle que l'islam (comme une bonne partie de l'Europe) découvre le concept de liberté moderne. Aujourd'hui, la majeure partie des constitutions islamiques stipulent et garantissent la liberté d'expression. Seulement, les dispositifs juridiques sont surchargés par deux bornes qui concernent le problème de la liberté d'expression : l'une, d'ordre général (la charia comme source de législation), l'autre, particulière et plutôt récente : le respect du "sacré" ou l'interdiction du blasphème.

Présentation de l'intervenant

Hamadi Redissi est professeur de sciences politiques à l'Université de Tunis, auteur de nombreux ouvrages sur l'islam politique : L'Exception islamique (2004) ; Pacte de Nadjd ou comment l'islam sectaire est devenu l'islam (2007) ; La Tragédie de l'islam moderne (2011), tous trois publiés au Seuil. Il est chercheur résident à l'Institut d'Études Avancées de Nantes d'octobre 2015 à juin 2016. Son projet de recherche s'intitule : L'Islam et l'Autre. La controverse monothéiste en langue arabe.

Présentation du cycle de conférences Labo Utile "Questions de société"

Jusqu'aux années 1970, on a pu croire que la religion était en voie de disparition, qu'avec le développement économique et les progrès de la science, la référence au sacré deviendrait caduque. Puis fut proclamée la révolution islamique iranienne et sa voie religieuse renvoyant dos à dos les blocs capitaliste et socialiste, la réactivation ou la promotion de droits religieux : protestant aux USA, juif en Israël, hindou en Inde, sunnite au Pakistan. Les signes du religieux se trouvent souvent dans le cadre de politiques identitaires, même si ce "retour du religieux" n'est pas seulement un rétablissement des institutions religieuses d'antan : au contraire, ce sont de nouvelles formes de religiosité qui s'affirment (islam politique, évangélisme protestant, "nouvelle évangélisation" souhaitée par Jean-Paul II, cultes "new age") et qui se mettent à l'ère du numérique. Tant de phénomènes qui posent des questions et défis pour les sociétés contemporaines.

Cette réaffirmation des références religieuses replace la religion dans le débat public, que ce soit la question du foulard dit "islamique" en France, le rejet des minarets en Suisse, l'acceptation du port du turban sikh par des fonctionnaires britanniques, etc. Elle pose, de façon urgente, quoique de manières très différentes, la question de la pluralité religieuse. Comment, au sein d'une société, peuvent coexister paisiblement des croyants de diverses confessions et des non-croyants, formant ou non des communautés en constante transformation ? Comment expliquer les situations de tensions ou de conflits ouverts ?
Le nouvel Institut du Pluralisme Religieux et de l'Athéisme (IPRA) - financé par la Région Pays de la Loire - et le Lieu unique ont organisé une série de conférences et débats sur ces thèmes.



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